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Nous avons besoin du témoignage des personnes victimes d’aliénation parentale : enfants, parents et grands-parents. Seule votre parole, à travers le récit de votre histoire, peuvent briser – dignement et sans haine – le mur de la souffrance, du remords et de la honte qui enferme le parent exclu dans une douloureuse solitude.

J’avais 3 ans quand mes parents se sont séparés.

Trop petite, je n’ai aucun souvenir de cette séparation, et de tout le drame qu’il y a eu autour.
Protection oblige, mon cerveau a tout oublié ; mon cœur lui a tout gardé mais c’est comme du vent : il souffre d’un mal que je ne peux dire avec des mots.

À l’aube de cette séparation, je n’ai aucun souvenir de ma génitrice me disant :
« Ton père est mort, il n’existe pas ! » , paroles rapportées par un proche, 30 ans plus tard.

Si j’osais poser une seule question, ne serait-ce qu’avec mes yeux, sur le pourquoi de son absence.
Je n’ai aucun souvenir non plus, et c’est le plus triste et le plus amer, de mon Papa, décédé et que je n’ai jamais pu revoir.

Ainsi, comme ma génitrice l’avait orchestré, il a définitivement disparu. Et de ma mémoire, et de ma vie.

Je conserve seulement le souvenir de « l’après-séparation ». Un manque indicible, une tristesse incommensurable, plus aucun son ne sortait de ma bouche. Je me rappelle seulement ma tête pleine de questions, et que je regardais les autres petites filles en me demandant pourquoi elles, elles étaient jolies, pourquoi elles, elles étaient heureuses : est-ce que leur papa à elle existait ?

Quand mon beau-père est arrivé j’avais entre 5 et 6 ans ; d’office je l’ai appelé « papa », d’office je l’ai aimé, tellement « heureuse » d’avoir un papa. Mais pas lui. On dit que l’aliénation parentale soude les liens dans la fratrie, cela n’a pas été le cas ici. Ma petite sœur venait de naître au moment de la séparation de nos parents. Notre beau-père s’est comporté en père avec elle, mais, comme si moi j’avais été « salie » pour avoir connu mon vrai papa, il me rabaissait à tout bout de champ, m’humiliait, me comparait sans cesse à ma cadette, et ma mère prenait plaisir à voir cette différence s’instaurer entre ses deux filles : l’une « gâchée » et qu’il fallait détruire, l’autre « préservée » qu’il fallait aimer.

Quand mon père est mort à l’aube de ma majorité, ma souffrance a atteint son paroxysme (un paroxysme qui ne redescend plus, alors que cela fait déjà 16 ans). Comme si j’étais bloquée dans cet état, impossible de faire le deuil de ce Papa, dont on m’a coupé, dont on m’a privé, qu’on a brisé, anéanti, jusqu’à ce qu’il commette l’impensable.

Il n’existe probablement pas de mots pour décrire ma douleur, et les séquelles de mon cœur, cette difficulté constante à nouer des liens, cette colère et cette rage étouffées en continu, cette peur abyssale d’être abandonnée. Sans plus aucune famille.

Car il en fallu du temps mais j’ai ouvert les yeux, 8 ans après la mort de mon Papa, alors que j’étais déjà adulte. Progressivement, un très long chemin. Ouvert les yeux et quitté cette « famille » où, pour être acceptée, je devais me taire, ne jamais parler de mon père, même mort. Me renier, bâillonner ma souffrance, fermer les yeux et crever. Et j’ai quitté cette famille, non sans me séparer de mes deux petites sœurs, que j’ai toujours aimées, mais pour qui je ne suis plus rien. Parce qu’à mon tour, je suis exclue, comme mon Papa autrefois ; à mon tour je suis bannie. Et le lavage de cerveau continue dans la famille pour ceux qui restent. Laula, cette sœur ingrate, à demi-folle qui est partie, qui nous a abandonnées, cette sœur mauvaise, méchante, qui n’a fait que semer le trouble dans la famille lorsqu’elle hurlait à notre père : « T’es pas mon père ! » et qu’il la tapait. Évidemment qu’il la tapait : personne ne cautionne les « menteuses » !
Et de famille après, il n’y aura jamais. Ne pas répandre le poison ; tout ce mal que j’ai subi et dont je n’ai plus le souvenir, mais dont quelque chose au fond de moi garde encore la trace. Et que je ne veux JAMAIS transmettre.”

Comme beaucoup d’enfants et de parents ayant subi de plein fouet l’aliénation parentale, Laula a fait le choix d’écrire d’un roman pour témoigner de la violence psychologique induit par ce phénomène. Après un formidable livre qui s’intitule “Papa où t’es ?” elle souhaite approfondir le sujet de l’exclusion parentale.

Elle recherche une maison d’édition pour faire connaitre son histoire. Tant pour des propositions d’édition ou pour connaitre les références de son livre “Papa, où t’es?”, merci de prendre contact avec l’ACALPA, nous lui relaierons vos messages.

Nous la remercions sincèrement, chaleureusement et solidairement d’avoir trouvé la force de nous témoigner une tranche de sa vie. Nous savons que ce n’est pas facile de trouver les mots justes pour décrire cette souffrance psychologique car l’aliénation parentale qui, comme ce témoignage l’indique, fait souffrir tant le parent “exclu” que les enfants “touchés”.

Enfants

Sophie

Bon, je vais balancer un ” pavé ” , mais qui peut aider l’avenir de nos enfants aliénés par l’un de leur parent …. J’ai retrouvé, il y a 6 ans, des lettres de mon père qu’il m’avait envoyé lorsque j’avais 17 , 18 ans … A l’époque , je vivais en Angleterre , loin des conflits familiaux . Je vivais ces fichus conflits depuis plus de 3 ans …. Ces lettres ont été écrites il y a plus de 20 ans , comme des bouteilles à la mer. Jusqu’à mes 35 ans, j’étais encore sous une emprise inexplicable mais tellement réelle qu’elle m’a retournée la tête pendant trop d’années. Je ne peux, encore à l’heure actuelle, raconter la tristesse, le malheur , la souffrance que j’ai vécu pendant toutes ces année à cause d’une femme , ma mère , censée me protéger .

Françoise

Mes parents ont divorcé dans la douleur et la haine et mon frère et moi avons été enfermés dans un rôle d’enfant soldat, d’enfant otage et d’enfant “poubelle”. J’entends par là qu’en plus des propos nauséabonds distillés par ma mère sur notre père, cette dernière s’est servi de nous pour déverser ses états d’âmes, ses angoisses, ses douleurs. Rien ne nous a été épargné. Nous avons tour à tour été ses parents, son psy, ses victimes et notre souffrance n’a jamais été prise en compte. Le discours de ma mère était que nous n’avions pas à nous plaindre, qu’elle était toujours plus malheureuse que nous et qu’elle était restée pour nous. Nous étions culpabilisés, endoctrinés. Nous étions inexistants…

Laurence

(…) Moi, je me souviens que lorsque ma mère dénigrait mon père, avec insistance et moult arguments paranoïaques, je résistais intérieurement et je gardais de la loyauté vis-à-vis de lui et du discernement. Mais le lavage de cerveau, cela, je l’ai effectivement vécu, je répétais tout ce que disait ma mère dans la vie quotidienne, comme un automate, mais j’ai parfois résisté. J’ai ensuite lutté intérieurement très consciemment dans ma jeunesse pour enfin penser par moi-même, vers les 23 ans, avoir mes propres opinions(…) J’ai 45 ans, mes parents ont divorcé quand j’avais 10 ans. J’ai souffert d’une maladie psychique grave dès 30 ans. Je suis maintenant rétablie. Mais je n’ai pas pu fonder une famille

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Mères

Marion

Le père a fini par ne plus amener Simon au centre. En parallèle, un signalement pour enfant en danger a été transmis à la CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes). Dans son dernier jugement de janvier 2011, le juge aux affaires familiales indique que Simon ne peut plus être domicilié chez son père car le père est responsable de la coupure entre l’enfant et sa mère, et elle ajoute que l’éducation du père est préjudiciable à son fils. La JAF transmet ce dernier jugement au procureur. De mon côté, j’ai depuis longtemps saisi le Juge pour enfants, mais sans succès

Clara

Cela fait 5 ans que je tente de faire comprendre à l’homme avec qui je suis mariée depuis 18 ans que nous devons nous séparer, tout nous oppose, nous ne regardons plus dans la même direction notre quotidien n’est plus que conflit disputes La violence va crescendo !

Au milieu des cris des coups dans les murs nos deux merveilles Etienne 13 ans Agathe 8 ans. En réponse à ma demande en 2001, il fait a fait une tentative de suicide. Sous emprise moi-même, je le prends en pitié me disant que je ne peux pas, que je n’ai pas le droit de faire de mes deux enfants des orphelins, je le récupère, je tente de me convaincre que l’on peut essayer encore …

Laurence

Mon problème essentiel est le suivant : que faire pour faire entendre que c’est de l’avenir d’un enfant dont il s’agit, que les conflits des « grands » doivent rester entre eux. Qu’au-delà du respect des droits de chaque parent (sic), un enfant même petit peut ressentir des choses, ne pas comprendre ou mal interpréter certaines situations qui lui sont imposées. Mon avocat me dit que l’on ne peut rien faire, qu’il faut continuer à demander une garde alternée, qu’il faut attendre un « élément nouveau » : qu’appelle-t-on un élément nouveau ? Une non présentation d’enfant ne suffit pas, distendre volontairement les contacts entre un enfant et sa mère non plus.

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Pères

Dominique

Il n’est pas un jour et pas une nuit qui passe sans penser à lui. Ce vide au ventre me rappelle sans cesse ce qu’on m’a pris. Une plaie permanente sans espoir de guérison qui m’accompagne tout au long de mes jours noirs et de mes nuits blanches. L’être humain est donc capable de tous les crimes y compris celui de mutiler l’amour, d’arracher la chair de la chair, de haïr aveuglement au point de détruire son propre enfant. Le ciel n’est plus bleu, le soleil ne brille plus, les oiseaux eux-mêmes se sont tus.

Thierry

Je n’arrive pas à faire face car c’est ce sont des situations psychologiquement complètement tordues, qui dépassent le cadre de l’intelligence rationnelle. Je ne peux pas lutter sauf à devenir moi-même menteur et manipulateur, ce que je ne souhaite pas faire. Je bataille avec mon avocate, qui est de toute bonne volonté, mais quand on avance, c’est pour mieux reculer, et en attendant la situation avec les enfants se dégrade (…)

Peter

D’un côté, mon ex épouse et mes enfants, qui cherchent à convaincre que je suis le mal absolu, et que le seul devenir pour moi est l’enfer d’un cachot. De l’autre, tous ceux qui croient en moi, et qui pensent que ma place est au sein d’une formation musicale. Qui savent que ne suis pas un saint, mais pas un salaud non plus. Qu’en tous cas, je n’ai rien fait de mal. Ils pensent que je suis un homme comme eux, qualités et défauts inclus, et j’ai un potentiel à exploiter, qui est là, et qui leur permettra d’exploiter le leur. Je suis un sorte de catalyseur. Mais ceux qui me détestent me prennent, eu aussi, pour un catalyseur. Je catalyse leurs fantasmes négatifs. Je ne suis plus sujet, mais objet de leur discours accusateur. Ils luttent pour imposer cette vision disqualifiée de moi, cet éclairage si péjoratif

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Grands-Parents

Cécile

Le procureur a délocalisé le dossier et chargé un gendarme de clarifier les choses….Peu à peu, avocates, docteurs, gendarmes prennent conscience de la gravité de la situation.. je n’en dirai pas autant des enseignants, surtout ceux du Collège. Mais les personnes sensibilisées par le problème se retranchent derrière leur fonction : ainsi le juge, admirablement conscient, a dit à la mère qu’il considère que les enfants sont en danger et qu’il se demande s’il ne faudrait pas envisager un placement hors présence parentale…. Ceci a été dit et non écrit… les gendarmes en concluent que les propos sont uniquement pour faire peur à la mère. Les enfants doivent être prochainement entendus par le psychiatre du tribunal et par une assistante sociale….mais leur lavage de cerveau est tel que tout est à craindre. Que faire ? J’avoue n’avoir aucune solution…. Comment rétablir le lien et surtout les relations affectives père-enfants ? Celles-ci sont entachées de tant de mensonges, dénigrements, humiliations répétés sans arrêt. Ma grande inquiétude va pour les enfants : comment objectiver la situation ?

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Professionnels

Marc Juston, magistrat, président du TGI de Tarascon

S’agissant du contentieux familial, j’aimerais évoquer en quelques mots le problème crucial de la souffrance des enfants dans le cadre de la séparation conflictuelle des couples. Cette souffrance à laquelle le juge est confronté, notamment à travers l’audition de l’enfant, peut se résumer en cette phrase de Françoise Sagan : « Quelque chose monte en moi que j’accueille par son nom, les mots fermés : Bonjour tristesse ». L’on parle beaucoup de la violence et de la délinquance de nos jeunes, et elle est réelle et palpable dans un ressort comme le nôtre. Ne serait-il pas opportun que notre société s’occupe non seulement de la délinquance juvénile, mais aussi et surtout de la violence psychologique dont sont victimes les enfants, au sein de nombre de couples qui vivent ensemble ou qui se séparent dans le conflit. Autant la délinquance juvénile fait recette, autant la violence psychologique dont sont victimes de plus en plus d’enfants, n’est évoquée que dans quelques revues spécialisées, jamais en tous les cas lors d’une audience solennelle, alors que les acteurs judiciaires, notamment les juges aux affaires familiales, les juges des enfants et les juges des tutelles, mais aussi les juges pénalistes, ainsi que les avocats en sont les témoins quotidiennement. Et ce, alors qu’il est établi que la violence psychologique dont sont victimes les enfants a des effets sur la délinquance juvénile.

Avant de condamner les comportements de jeunes, de faudrait-il pas que les adultes, quels qu’ils soient, de quelque bord qu’ils soient, prennent conscience de l’image que nous leur donnons, à travers les mots guerriers trop souvent prononcés.

Un enfant est un être fragile. Il est la richesse du monde. Et la manière dont nombre de parents se séparent constitue une véritable maltraitance. Arrêtons de nous voiler la face, et parlons des violences psychologiques dont sont victimes les enfants, de la même manière que les violences conjugales. Pensons à décréter, comme l’est l’autisme cette année, comme l’ont été à juste titre les violences conjugales l’an passé, la violence psychologique dont sont victimes les enfants « grande cause nationale ».

Isabel, psychologue

En ce qui me concerne, plus j’observe les processus d’aliénation parentale et les “morts-vivants” que deviennent ces parents victimes (dont j’étais et je serai toujours quoi qu’il arrive…) et plus je l’assimile à un crime passionnel déguisé. Le parent aliénant tue l’autre symboliquement. C’est odieux, bien plus encore qu’une mort véritable… Ce parent disqualifié, déshumanisé, diabolisé porte un masque en permanence. Comment faire comprendre VERITABLEMENT à son entourage le processus de mise à mort mis en œuvre ?  L’accompagnement thérapeutique pratiqué par des professionnels compétents et ayant été confronté à ce processus permet au parent aliéné d’être entendu dans tous les aspects de cette destruction organisée. Comment anticiper les coups pour mieux les affronter ? Quels techniques et petits trucs mettre en place. Comment contrer le discours excluant du parent aliénant ?

C’était l’anniversaire d’un des enfants d’un de mes clients l’autre jour. Le gamin de 12 ans l’a directement envoyé sur boite vocale alors qu’avant il laissait sonner. Il n’a pas répondu à son SMS ni à son mail. J’ai suggéré à mon client de lui faire parvenir un cadeau, quelque chose qu’il aimera. Mon client était en proie à de violentes contradictions : comment et pourquoi envoyer un cadeau à cet enfant qui le rejette ? Tout simplement pour lui manifester qu’il ne lâche pas prise, qu’il pense à lui, qu’il l’aime. Et si le colis lui revient (pas bonne adresse, pas retiré par la mère, etc.), c’est une pièce supplémentaire à mettre au dossier. Osciller entre amour et stratagème est très douloureux mais inévitable. Sinon la mère (dans cette situation) a beau jeu de dire à l’enfant et à la justice : “il ne lui a rien envoyé pour son anniversaire !! Ni pour noël… et il dit qu’il les aime ?”.

Un autre petit garçon de 10 ans, victime d’un début d’AP me disait que pour ne pas souffrir de l’absence de son père il faisait en sorte de l’oublier : “quand on oublie, on ne souffre pas”. Dramatique. Le drame des parents aliénés est que la blessure reste à vie. Qu’en est-il de celle de l’enfant ?

Myriam, médiatrice familiale

Je suis médiatrice familiale et actuellement confronté à une situation concernant un ado de 14 ans qui refuse de voir sa mère malgré l’injonction du juge. Il se rend au point rencontre mais reste absolument fermé. Je ne vois pas d’issue dans la mesure où il me semble victime d’un travail de SAP de la part du père et de sa famille. Que conseiller à la mère ? Peut-on débloquer de pareilles situations ? Comment ? Je ne finis pas de me poser des questions.

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